Profession Libérale : SELAS, SELARL ou Exercice Individuel ?

Médecin, avocat, architecte, consultant : le choix du statut juridique impacte directement vos charges, votre protection sociale et votre fiscalité. Voici un comparatif concret entre SELAS, SELARL, EI et micro-entreprise.

Profession Libérale : SELAS, SELARL ou Exercice Individuel ?

Qu'est-ce qu'une profession libérale ?

Les professions libérales regroupent les activités exercées de manière indépendante, sans lien de subordination, et reposant sur une qualification professionnelle. On distingue deux catégories :

  • Professions libérales réglementées : médecins, avocats, notaires, experts-comptables, architectes, pharmaciens, kinésithérapeutes, infirmiers...
  • Professions libérales non réglementées : consultants, formateurs, coachs, graphistes, développeurs, traducteurs...

Les professions réglementées sont soumises à des règles déontologiques et à une inscription auprès d'un Ordre professionnel. Les statuts juridiques possibles diffèrent selon cette distinction.

Les statuts juridiques pour les professions libérales

Plusieurs formes juridiques s'offrent aux professionnels libéraux :

Exercice individuel (EI)

Forme la plus simple : vous exercez en nom propre. Depuis 2022, le patrimoine personnel est automatiquement protégé. Fiscalité à l'IR par défaut, option IS possible. Régime social TNS (Travailleur Non Salarié) avec affiliation à la CIPAV ou SSI selon l'activité.

Micro-entreprise (BNC)

Statut simplifié de l'entreprise individuelle avec un régime fiscal et social allégé. Plafond : 77 700€/an. Charges : 21,2% du CA. Attention : certaines professions réglementées ne peuvent pas opter pour ce statut.

SELARL (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée)

Équivalent de la SARL pour les professions libérales réglementées. Capital minimum : 1€. Régime social TNS pour le gérant majoritaire. Possibilité de se rémunérer en dividendes (soumis à cotisations au-delà de 10% du capital).

SELAS (Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée)

Équivalent de la SAS pour les professions réglementées. Grande flexibilité statutaire. Régime social assimilé-salarié pour le président (protection sociale similaire à un salarié, hors chômage). Dividendes non soumis à cotisations sociales.

Autres formes

SELAFA (forme anonyme), SELCA (commandite par actions), SCP (société civile professionnelle) sont d'autres options moins courantes, adaptées à des configurations spécifiques.

Comparatif détaillé : SELAS vs SELARL vs EI

Pour vous aider à choisir, voici un comparatif sur les critères clés :

Protection sociale

En EI et SELARL (gérant majoritaire), vous relevez du régime TNS : cotisations moins élevées (environ 45% du revenu) mais protection moindre (pas d'assurance chômage, retraite moins généreuse). En SELAS, vous êtes assimilé-salarié : cotisations plus élevées (environ 80%) mais meilleure protection (retraite AGIRC-ARRCO, prévoyance).

Fiscalité

L'EI est soumise à l'IR par défaut (barème progressif). SELARL et SELAS sont à l'IS par défaut : taux de 15% jusqu'à 42 500€ de bénéfice, puis 25%. L'IS permet de lisser la rémunération et d'optimiser les dividendes.

Charges sociales sur dividendes

SELARL : dividendes soumis à cotisations sociales au-delà de 10% du capital et des comptes courants. SELAS : dividendes uniquement soumis aux prélèvements sociaux (17,2%) + flat tax (12,8%) ou barème IR.

Formalités et coûts

L'EI est la plus simple : pas de statuts, pas de capital. SELARL et SELAS nécessitent des statuts, une immatriculation au RCS, et un expert-comptable est fortement recommandé. Coût de création : 500 à 1500€ selon la complexité.

Quel statut selon votre situation ?

Si vous débutez avec un chiffre d'affaires modeste (sous les 77 700 €), la micro-entreprise reste imbattable en simplicité — à condition que votre profession y soit éligible. Au-delà, entre 50 000 et 100 000 € de revenus annuels, l'EI classique ou la SELARL permettent de mieux maîtriser la fiscalité grâce à l'option IS.

Pour les hauts revenus (au-delà de 100 000 €), le choix se joue entre SELAS et SELARL. La SELAS l'emporte si vous privilégiez la protection sociale (régime assimilé-salarié) ou si vous souhaitez distribuer des dividendes sans cotisations sociales. La SELARL convient mieux à ceux qui veulent limiter les cotisations sur la rémunération courante (régime TNS, moins coûteux).

Domiciliation et professions libérales

Quel que soit le statut choisi, vous devez disposer d'une adresse professionnelle pour votre siège social. Pour un consultant qui travaille chez ses clients ou un avocat qui n'a pas encore son propre cabinet, la domiciliation en centre d'affaires est une solution pragmatique : une adresse en centre-ville crédibilise votre activité, votre domicile reste privé, et vous pouvez recevoir ponctuellement dans une salle de réunion équipée. Le courrier est réceptionné et scanné — vous gardez la main depuis n'importe où.

Attention : certaines professions réglementées (notaires, huissiers) ont des contraintes spécifiques de localisation liées à leur office.

Cas pratiques par profession

Avocat

Les avocats peuvent exercer en EI, SELARL, SELAS ou AARPI (Association d'Avocats à Responsabilité Professionnelle Individuelle). La SELAS est de plus en plus plébiscitée pour sa flexibilité et l'optimisation des dividendes. L'adresse du cabinet figure sur les courriers et le site du barreau.

Domiciliation avocat

Un avocat peut domicilier son cabinet dans un centre d'affaires, sous réserve de l'accord du Bâtonnier. L'adresse de domiciliation devient alors l'adresse professionnelle du cabinet.

Médecin / Professionnel de santé

Les médecins, kinésithérapeutes et infirmiers libéraux exercent généralement en EI ou SELARL. La SELAS est possible mais moins courante dans ce secteur. L'adresse du cabinet doit être communiquée à l'Ordre et à l'Assurance Maladie.

Pour les activités de téléconsultation uniquement, une domiciliation peut être envisagée, en complément d'un cabinet physique le cas échéant.

Consultant / Coach / Formateur

Ces professions non réglementées ont accès à tous les statuts : micro-entreprise, EI, EURL, SASU. La micro-entreprise est idéale pour démarrer. La SASU devient intéressante au-delà de 50 000€ de bénéfice pour optimiser la fiscalité et la rémunération.

La domiciliation est particulièrement adaptée : vous recevez vos clients en salle de réunion et gérez votre activité depuis n'importe où.

Les démarches pour créer votre activité libérale à Marseille

Concrètement, le parcours se déroule en quelques semaines. Vous choisissez d'abord votre statut (EI, micro, SELARL ou SELAS), puis vous trouvez votre adresse professionnelle — domiciliation en centre d'affaires ou local dédié. Pour une SELARL ou SELAS, il faut rédiger les statuts avec l'aide d'un avocat ou d'un expert-comptable. L'immatriculation se fait ensuite en ligne via le Guichet Unique (guichet-entreprises.fr). Les professions réglementées doivent en plus s'inscrire auprès de leur Ordre et s'affilier à la caisse de retraite correspondante (CIPAV, CARMF, CNBF selon le cas).

L'Adresse Marseille accompagne les professions libérales

Domiciliation au 61 rue Marx Dormoy dès 29€/mois, salles de réunion à la demande, assistance aux formalités. Nous accueillons consultants, avocats, coachs et formateurs depuis 2008.

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur peut-il exercer une profession libérale ?

Oui, pour les professions libérales non réglementées (consultant, coach, formateur) et certaines professions réglementées comme les kinésithérapeutes. En revanche, les avocats, notaires, médecins et experts-comptables ne peuvent pas opter pour le statut micro-entrepreneur.

SELAS ou SELARL : lequel est le plus avantageux ?

La SELAS est généralement plus avantageuse pour les hauts revenus car les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales. En revanche, les charges sur la rémunération sont plus élevées (régime assimilé-salarié). La SELARL convient mieux si vous privilégiez des cotisations sociales réduites (régime TNS).

Peut-on domicilier un cabinet d'avocat dans un centre d'affaires ?

Oui, sous réserve de l'accord du Bâtonnier du barreau d'inscription. L'adresse de domiciliation devient alors l'adresse officielle du cabinet. La plaque professionnelle peut être apposée à l'entrée du centre d'affaires.

Quel est le coût de création d'une SELAS ?

Le coût de création d'une SELAS comprend : les frais de greffe (environ 250€), la publication d'annonce légale (150 à 300€), et éventuellement les honoraires d'un avocat ou expert-comptable (500 à 1500€). Comptez au total 1000 à 2000€ pour une création complète.

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