Quatre statuts juridiques principaux s'offrent à une profession libérale : micro-entreprise, exercice individuel (EI), SELARL et SELAS. Le bon choix dépend de trois variables : votre chiffre d'affaires prévisionnel, le niveau de protection sociale souhaité, et l'éligibilité à la micro (certaines professions réglementées en sont exclues d'office).
Pour la comparaison des statuts non libéraux (SARL, SAS, EURL), voir notre comparatif SARL vs SAS. Ici, on reste focus sur les statuts dédiés aux activités libérales, avec un repère chiffré par profession à la fin.
Qu'est-ce qu'une profession libérale ?
Les professions libérales regroupent les activités exercées de manière indépendante, sans lien de subordination, et reposant sur une qualification professionnelle. On distingue deux catégories :
- Professions libérales réglementées : médecins, avocats, notaires, experts-comptables, architectes, pharmaciens, kinésithérapeutes, infirmiers...
- Professions libérales non réglementées : consultants, formateurs, coachs, graphistes, développeurs, traducteurs...
Les professions réglementées sont soumises à des règles déontologiques et à une inscription auprès d'un Ordre professionnel. Les statuts juridiques possibles diffèrent selon cette distinction.
Les statuts juridiques pour les professions libérales
Sur les libéraux qu'on a domiciliés depuis 2008 — consultants, coachs, formateurs, avocats, kinés —, on voit revenir quatre statuts. Voici ce que chacun veut dire concrètement, et le profil qui le choisit en pratique.
Exercice individuel (EI)
Vous exercez en nom propre, sans créer de société. Depuis le 15 mai 2022, votre patrimoine personnel est automatiquement protégé : le patrimoine professionnel est séparé sans démarche supplémentaire — fini l'EIRL qui a disparu avec cette réforme. Fiscalité à l'IR par défaut (déclaration 2035 pour les BNC), avec option IS possible depuis 2022 si vous voulez piloter votre rémunération.
Côté caisse de retraite, ça dépend de votre profession : CIPAV pour les consultants, coachs, formateurs et certaines professions réglementées ; CARPIMKO pour les kinés, infirmiers, orthophonistes ; CARMF pour les médecins ; CNBF pour les avocats ; CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes et sages-femmes. Inscription via le Guichet Unique de l'INPI — pas de passage au greffe pour l'EI, c'est le RNE (Registre National des Entreprises) qui prend le relais.
Pour qui c'est typique : un consultant qui démarre à Marseille avec 30-60 k€ de CA prévisionnel, ou un médecin remplaçant qui n'a pas encore son propre cabinet. Simple, peu cher (~200 € de frais d'immatriculation), réversible.
Micro-entreprise (BNC)
Régime simplifié de l'EI, avec un plafond à 83 600 € de CA/an en BNC depuis la revalorisation triennale entrée en vigueur en 2026 (contre 77 700 € sur la période 2023-2025). Charges sociales calculées sur le CA encaissé, à un taux qui dépend de votre caisse de rattachement : 25,6 % pour une activité libérale non réglementée (consultant, coach, formateur — rattachés au régime général), 23,2 % pour une activité libérale réglementée affiliée à la CIPAV. Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu ajoute 2,2 points dans les deux cas (soit 27,8 % et 25,4 %). Pas de comptabilité analytique, juste un livre de recettes. Idéal pour démarrer ou pour une activité d'appoint.
Ce qui change en 2026 : le plafond micro-BNC a été revalorisé, mais les taux de cotisations ont augmenté en parallèle, dans le cadre de l'alignement progressif des libéraux non réglementés sur le régime général. Le gain de plafond est donc en partie compensé par la hausse du taux : si vous aviez arbitré entre micro et réel avant 2025, refaites le calcul, le seuil de bascule a bougé.
Limite à connaître par cœur : les professions réglementées ne sont PAS toutes éligibles. Les avocats, notaires, huissiers, médecins, experts-comptables, chirurgiens-dentistes sont exclus d'office (passage obligatoire en EI réel ou SELARL/SELAS). En revanche, kinés, infirmiers, orthophonistes, sages-femmes ont accès à la micro — c'est même le statut le plus courant en début d'activité libérale paramédicale.
Pour qui c'est typique : kiné qui s'installe avec un cabinet partagé, formateur indépendant à temps partiel, coach qui teste son activité avant d'investir. Au-delà de ~50 k€ de CA, comparer micro et EI au réel : si vos frais pro dépassent 34 % du CA, l'EI au réel devient plus avantageux.
SELARL (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée)
L'équivalent de la SARL pour les professions libérales réglementées. Vous créez une société : capital social libre (minimum 1 €, en pratique 1 000 à 10 000 €), rédaction de statuts, immatriculation au Greffe du Tribunal de commerce de Marseille, inscription préalable à l'Ordre professionnel (Conseil départemental de l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône pour les médecins, Barreau de Marseille pour les avocats, etc.).
Régime social : le gérant majoritaire reste TNS, donc moins de cotisations sur la rémunération (≈ 45 % vs ≈ 80 % en SELAS) mais protection sociale moindre. Le piège classique : les dividendes versés au gérant majoritaire et à sa famille sont soumis aux cotisations sociales au-delà de 10 % du capital social + comptes courants d'associés — beaucoup l'apprennent à leurs dépens en SELARL.
Pour qui c'est typique : médecin qui dépasse 100 k€ de bénéfice et veut basculer à l'IS pour accumuler de la trésorerie dans la société (achat de matériel, anticipation retraite). Avocat installé avec 80-120 k€ de bénéfice qui ne distribue pas de gros dividendes.
SELAS (Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée)
La cousine de la SAS pour les libéraux réglementés. Mêmes formalités que la SELARL (statuts, greffe Marseille, inscription à l'Ordre), mais avec deux différences qui changent tout au-dessus d'un certain niveau de revenu :
- Régime social du président : assimilé-salarié (cotisations URSSAF ~80 % de la rémunération nette). Plus cher, mais protection sociale équivalente à un salarié (retraite AGIRC-ARRCO, prévoyance solide, sauf chômage).
- Dividendes non soumis aux cotisations sociales — seulement prélèvements sociaux à 17,2 % + flat tax 12,8 %. C'est le gros levier d'optimisation au-delà de 80-100 k€ de bénéfice.
Flexibilité statutaire élevée : on peut prévoir des actions à droits de vote multiples, des clauses d'agrément fines, des modalités de sortie sur mesure — utile en cabinet d'associés.
Pour qui c'est typique : avocat associé en cabinet collectif qui distribue des dividendes annuels, expert-comptable indépendant à 150 k€+ de bénéfice, médecin spécialiste avec plateau technique léger qui veut maximiser les distributions.
Autres formes (rares)
SELAFA (forme anonyme, capital min 37 000 €) et SELCA (commandite par actions) sont quasi-inexistantes en libéral classique — réservées à de très gros cabinets pluri-associés. SCP (Société Civile Professionnelle) : forme historique surtout utilisée par les notaires, huissiers, avocats anciens cabinets. La SCP n'a pas la limitation de responsabilité, ses associés sont indéfiniment responsables des dettes professionnelles — peu choisie pour des créations récentes.
Pour gérer un patrimoine immobilier en parallèle de votre activité libérale (les murs de votre cabinet par exemple), vous pouvez créer une SCI avec siège social à Marseille — structure civile dédiée à la détention de biens, totalement distincte de votre société d'exercice.
Comparatif détaillé : SELAS vs SELARL vs EI
Pour vous aider à choisir, voici un comparatif sur les critères clés :
Protection sociale
En EI et SELARL (gérant majoritaire), vous relevez du régime TNS : cotisations moins élevées (environ 45% du revenu) mais protection moindre (pas d'assurance chômage, retraite moins généreuse). En SELAS, vous êtes assimilé-salarié : cotisations plus élevées (environ 80%) mais meilleure protection (retraite AGIRC-ARRCO, prévoyance).
Fiscalité
L'EI est soumise à l'IR par défaut (barème progressif). SELARL et SELAS sont à l'IS par défaut : taux de 15% jusqu'à 42 500€ de bénéfice, puis 25%. L'IS permet de lisser la rémunération et d'optimiser les dividendes.
Charges sociales sur dividendes
SELARL : dividendes soumis à cotisations sociales au-delà de 10% du capital et des comptes courants. SELAS : dividendes uniquement soumis aux prélèvements sociaux (17,2%) + flat tax (12,8%) ou barème IR.
Formalités et coûts
L'EI est la plus simple : pas de statuts, pas de capital. SELARL et SELAS nécessitent des statuts, une immatriculation au RCS, et un expert-comptable est fortement recommandé. Comptez 1 000 à 2 000 € pour une création complète : frais de greffe (environ 250 €), annonce légale (150 à 300 €), et honoraires d'avocat ou d'expert-comptable (500 à 1 500 €) selon la complexité des statuts.
Quel statut selon votre situation ?
Si vous débutez avec un chiffre d'affaires modeste (sous les 83 600 €), la micro-entreprise reste imbattable en simplicité — à condition que votre profession y soit éligible. Au-delà, entre 50 000 et 100 000 € de revenus annuels, l'EI classique ou la SELARL permettent de mieux maîtriser la fiscalité grâce à l'option IS.
Pour les hauts revenus (au-delà de 100 000 €), le choix se joue entre SELAS et SELARL. La SELAS l'emporte si vous privilégiez la protection sociale (régime assimilé-salarié) ou si vous souhaitez distribuer des dividendes sans cotisations sociales. La SELARL convient mieux à ceux qui veulent limiter les cotisations sur la rémunération courante (régime TNS, moins coûteux).
Un point à garder en tête : cet arbitrage ne dépend pas de votre département. Le barème de l'IS, le plafond micro-BNC et les règles de cotisations sur dividendes relèvent du droit national et s'appliquent à l'identique dans toute la France. Quelle que soit votre ville d'exercice, vous pouvez donc vous appuyer sur des guides pour choisir son statut juridique pour comparer les formes d'exercice avant de trancher — seules les démarches locales (inscription à l'Ordre, greffe compétent) varient d'une ville à l'autre.
Domiciliation et professions libérales
Quel que soit le statut choisi, vous devez disposer d'une adresse professionnelle pour votre siège social. Pour un consultant qui travaille chez ses clients ou un avocat qui n'a pas encore son propre cabinet, la domiciliation en centre d'affaires est une solution pragmatique : une adresse en centre-ville crédibilise votre activité, votre domicile reste privé, et vous pouvez recevoir ponctuellement dans une salle de réunion équipée. Le courrier est réceptionné et scanné — vous gardez la main depuis n'importe où.
Attention : certaines professions réglementées (notaires, huissiers) ont des contraintes spécifiques de localisation liées à leur office.
Repère chiffré par profession
Le bon statut n'est pas le même pour un kiné qui démarre que pour un avocat associé. Voici les arbitrages observés sur le terrain, profession par profession, avec des fourchettes de revenu indicatives.
Avocat — généralement SELAS dès 80 000 € de bénéfice
Statuts possibles : EI, SELARL, SELAS, AARPI. En dessous de 50 000 € de bénéfice annuel, l'EI suffit (BNC, IR direct). Entre 50 000 € et 80 000 €, la SELARL devient compétitive (option IS, lissage de rémunération). Au-delà de 80 000 €, la SELAS l'emporte presque systématiquement : dividendes non soumis aux cotisations sociales (gain de 30 à 40 % sur la part distribuée vs SELARL où les dividendes excèdent 10 % du capital). Adresse du cabinet : sur les courriers et le site du barreau. Domiciliation possible en centre d'affaires sous accord du Bâtonnier.
Médecin libéral — EI ou SELARL, SELAS rarement
La majorité des médecins libéraux (généralistes, spécialistes hors plateau technique lourd) exercent en EI tant que le revenu reste sous 100 000 € (régime BNC, déclaration 2035). Au-delà, la SELARL est privilégiée pour le passage à l'IS et la possibilité d'accumuler de la trésorerie dans la société (achat de matériel, anticipation retraite). La SELAS reste rare en médecine — son intérêt principal (dividendes sans cotisations sociales) joue surtout sur les très hauts revenus. L'adresse cabinet doit être communiquée au Conseil de l'Ordre et à l'Assurance Maladie.
Kinésithérapeute / Infirmier libéral — micro ou EI selon plafond
Les kinés et infirmiers libéraux ont accès au régime micro-BNC (plafond 83 600 €/an depuis 2026). En dessous de 50 000 € de CA, la micro reste imbattable en simplicité (pas de comptabilité analytique, simple déclaration de CA mensuelle ou trimestrielle). Attention au taux de cotisations : kinés, infirmiers et orthophonistes conventionnés relèvent du régime des praticiens et auxiliaires médicaux, avec la CARPIMKO pour la retraite — leurs modalités de cotisation ne suivent pas le taux micro-social standard, faites-le confirmer par votre caisse avant de projeter votre net. Entre 50 000 € et 83 600 €, comparer micro vs EI au réel : si vos frais professionnels dépassent 34 % de votre CA, l'EI au réel devient plus avantageux. Au-delà du plafond micro, passage automatique en EI. La SELARL est rarissime dans ces métiers — peu d'intérêt fiscal sur ces niveaux de revenu.
Consultant / Coach / Formateur — micro, EI, EURL ou SASU
Ces professions non réglementées ont le choix le plus large. Sous 40 000 € de CA, la micro-entreprise est presque toujours le meilleur choix (plafond 83 600 € pour les BNC, cotisations 25,6 % du CA encaissé, démarche en 15 min). Entre 40 000 € et 60 000 €, comparer micro vs EURL/SASU : l'EURL permet d'optimiser la rémunération (TNS) avec une fiscalité IS. Au-delà de 60 000 € de bénéfice, la SASU devient intéressante pour l'optimisation dividendes (flat tax 30 % sur les dividendes vs 45 % marginal IR sur la rémunération). La domiciliation est particulièrement adaptée : vous recevez vos clients en salle de réunion à la demande et gérez votre activité depuis n'importe où.
Les démarches pour créer votre activité libérale à Marseille
Concrètement, le parcours se déroule en quelques semaines. Vous choisissez d'abord votre statut (EI, micro, SELARL ou SELAS), puis vous trouvez votre adresse professionnelle — domiciliation en centre d'affaires ou local dédié. Pour une SELARL ou SELAS, il faut rédiger les statuts avec l'aide d'un avocat ou d'un expert-comptable. L'immatriculation se fait ensuite en ligne via le Guichet Unique (guichet-entreprises.fr). Les professions réglementées doivent en plus s'inscrire auprès de leur Ordre et s'affilier à la caisse de retraite correspondante (CIPAV, CARMF, CNBF selon le cas).
L'Adresse Marseille accompagne les professions libérales depuis 2008
Plus de 500 entreprises domiciliées au 61 rue Marx Dormoy (13004), dont une part importante de consultants indépendants, avocats, coachs et formateurs en libéral. Formules à partir de 31 €/mois, attestation de domiciliation délivrée sous 48 h, salles de réunion à la demande pour recevoir vos clients.
« Client de L'Adresse Marseille depuis 2012, je n'ai jamais eu de raison d'aller voir ailleurs — et après toutes ces années, ça en dit déjà long. » — André G., avis Google 5/5
Questions fréquentes
Oui, pour les professions libérales non réglementées (consultant, coach, formateur) et certaines professions réglementées comme les kinésithérapeutes. En revanche, les avocats, notaires, médecins et experts-comptables ne peuvent pas opter pour le statut micro-entrepreneur.
La SELAS est généralement plus avantageuse pour les hauts revenus car les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales. En revanche, les charges sur la rémunération sont plus élevées (régime assimilé-salarié). La SELARL convient mieux si vous privilégiez des cotisations sociales réduites (régime TNS).
Oui, sous réserve de l'accord du Bâtonnier du barreau d'inscription. L'adresse de domiciliation devient alors l'adresse officielle du cabinet. La plaque professionnelle peut être apposée à l'entrée du centre d'affaires.
Le coût de création d'une SELAS comprend : les frais de greffe (environ 250€), la publication d'annonce légale (150 à 300€), et éventuellement les honoraires d'un avocat ou expert-comptable (500 à 1500€). Comptez au total 1000 à 2000€ pour une création complète.
Oui pour la plupart, sous réserve de l'accord de l'Ordre professionnel concerné. Avocats : autorisation du Bâtonnier nécessaire (généralement accordée si l'adresse permet la réception du courrier et l'accueil ponctuel des clients). Médecins, kinés, infirmiers : l'adresse de domiciliation peut être le siège administratif tandis que l'activité de soin se déroule dans un cabinet physique distinct. Notaires et huissiers : contraintes spécifiques de localisation liées à leur office, la domiciliation est généralement impossible. Le mieux : nous appeler avant signature pour valider votre cas précis avec votre Ordre.
Oui. C'est même un parcours classique : démarrer en EI au BNC, puis basculer en SELARL ou SELAS quand le bénéfice dépasse ~80-100 k€/an pour optimiser fiscalement (passage à l'IS, accumulation de trésorerie dans la société). La transition se fait par apport du fonds libéral à la société nouvellement créée — c'est un apport en nature qui nécessite un commissaire aux apports si l'évaluation dépasse 30 000 €. Côté fiscal, vous pouvez bénéficier d'un report d'imposition de la plus-value sur les actifs apportés. Comptez 3 à 6 mois pour boucler le changement (création société, apport, radiation EI, mise à jour Ordre et caisses). Notre service juridique gère ce type de transition.
Une adresse professionnelle pour votre activité libérale à Marseille
Formules dédiées aux professions libérales et réglementées (EI, SELARL, SELAS) au 61 rue Marx Dormoy. Attestation sous 48 h, salles de réunion pour recevoir vos patients ou clients, accord avec les principaux Ordres marseillais.